[BaselWorld] De Béthune, futur expérimental.


J'étais relativement étonné de la présence de De Béthune à BaselWolrd, en effet, les sorties étaient tellement nombreuses pendant la WonderWeek Genèvoise que je présumais que De Béthune allait simplement représenter les mêmes pièces...

Je n'aurais pas du faire du mauvais esprit, encore une fois ils me surprennent. Dans l'absolu, on pouvait s'attendre à la DB28Tourbillon, même à la DB25QP, mais la DBM fut une surprise complète.
Pons annonçait dans Business Montres, qu'ils préparaient un objet hybride touchant des domaines extra-horlogers... J'attendais quelques chose de très horloger, un chrono de marine (au 1:1), un planétaire, un objet totalement traditionnel.
Je me suis retrouvé face à un objet hybride, s'adressant à une autre population, encore plus que la DB10 réédition, De Béthune tente de conquérir des clientèles qui ont délaissées l'horlogerie, j'y reviens.

Avant tout, la plus belle montre du salon, la DB28T, quand je dis plus belle montre du salon, je le dis en toute objectivité, des concurrents direct de DB m'ont fait la même remarque, je cite sous couvert d'anonymat, «GROOOOAAAAANNNN».

Fort logiquement, pour compléter la ligne DB28, De Béthune présente une nouvelle déclinaison de la DB28, qui réunit toutes les qualités de la dream Watch One, de la Dream Watch Toubillon et de la DB28.
En détail, c'est les ponts de cadran de la Dream Watch One, à savoir les fabuleux ponts en acier noircis par oxydation, c'est le boitier de la DB28, bien évidemment, et c'est le tourbillon de la Dream Watch Tourbillon.

C'est la pièce que je rêvais de voir il y à 18 mois pendant la WonderWeek2010, en photographiant la DreamWatch One et la DB26, a peine 18 mois après ils la sortent...

La vitesse de construction de la gamme est impressionnante, comme si la gamme De Béthune était projeté dans le grand accélérateur de particule du Cern.
En fait, on assiste à l'aboutissement ultime (?) des recherches esthétiques et techniques entreprisent par le duo Zanetta-Flageollet ces 9 dernières années, je parlais de manufacture totale au sujet de De Béthune, cette DB28T est une montre totalement belle.

Dans ce genre de moment, je regrette de ne pas posséder les talents de photographe de Guy Lucas de Peslouan, d'avoir pris les photos l'avant dernier jour dans un état de délabrement physique avancé, car la montre est magnifique sous tous les angles, et mérite bien plus que mes piètres clichés.

C'est bien plus qu'une simple déclinaison de la DB28, c'est une magnification, une version idéalisé d'une montre qui était déjà renversante, le tourbillon 30 secondes bénéficie des technologies De Béthune, spiral silicium à courbe terminal plate (comprendre non ronde), le balancier platinium/silicium, ici dans une forme presque classique, mais, la périphérie est en platine, et le centre en silicium.

Les différences avec la DB28 sont légères, mais elles changent complétement la montre, les cotes de Béthune sur les pont de cadran principaux, laissent la place à l'acier noirci, le tourbillon remplace avantageusement l'ensemble balancier/phase de lune, l'effet est hypnotique, sans doute du au violissage (?) des pièces et à l'asymétrie de sa construction.
La montre à une aspect terrible, alors que la DB28 à coté ouvrage d'art, très habillé, ici, en constraste avec l'aspect ultra léger du boitier, le cadran à un coté bestial (que l'on retrouve aussi dans la DB24), un coté mécanique furieuse, tant il pourrait rappeler un moteur d'une automobile sortie de Mad Max, avec ses ponts d'acier noirci et son tourbillon vibrillionnant .

Sur WatchO:
http://www.watchonista.com/index.php?page=watch&wid=11747

Plus classiquement De Béthune décline la DB15QP en DB25QP, elle reprend le boitier de la DB25, avec le mouvement et le cadran qui équipe la DB15 et dans une version modifiée la DB26 (dont le boitier à évolué en boitier de DB28, vous êtes toujours là?), elle vient aussi, logiquement, compléter la ligne des DB25, la valeur ajoutée par rapport à la DB15, reste néanmoins faible.

Reste que la montre est fabuleusement finie, à tous points de vue, c'est un des plus beau QP de l'horlogerie.

Sur WatchO: http://www.watchonista.com/index.php?page=watch&wid=11748

Parfois, je me dis que je suis déjà en voie de Papimougeotisation, que je suis déphasé complétement avec mon époque, que je comprend pas l'objet, que j'aurais été un farouche partisan de la montre de poche il y à 100ans, tant je ne n'ai toujours pas digéré l'engin, le truc, la chose, la housse de téléphone, l'objet qui bouleverse mes codes.
La DBM, c'est plus qu'une housse de téléphone verte.
C'est une tentative de remettre au centre du dispositif d'accessoires personnels la montre de poche. C'est une tentative de faire cohabiter l'objet de collection pur, avec la machine consumériste utilitaire pure.

La pensée gouvernant ce projet est la même que celle ayant généré la DB10, il s'agit d'ouvrir des marchés relativement fermés à l'ultra-élitisme de niche de De Béthune.
Alors que la DB10 se contentait de proposer une De Béthune Low-Cost, en métal précieux, sans tous les brevets De Béthune (spiral courbe Flageollet, balancier à doubles bras lestés), pour créer un produit destiné à concurrencer les Américain 1921 et autre Lange1, la DBM va beaucoup, beaucoup plus loin.

Le projet est de reconquérir les personnes qui ont abandonnés l'usage de la montre de poignet, en leur permettant d'habiller leur accessoire de communication central, le GSM/UMTS.
Vaste projet, je reconnais bien là la patte de Zanetta, qui alors que le projet d'éducation et d'absolutisme horloger de DB est méconnu des passionnés et collectionneurs, Zanetta veut déjà s'attaquer à l'immense masse de ceux qui ont abandonnés la montre de poignet.
Reste que l'objet ne me convainc pas, la réalisation est sans fautes, c'est une grosse DB10 enchâssée dans un superbe étui d'Iphone, mais ça soulève 3 questions:

Le poids, le proto avec l'Iphone fait environ 300gr, contre 100 pour un Iphone.

Le vol/perte de téléphone, ici catastrophique vu le prix de l'objet.

La problématique logistique de fournir des nouveaux étuis (ils seront changeables), vu le turn-over constant des terminaux mobiles, turn-over du à l'obsolescence programmé, stratégie produit (ultra-polluante) centrale d'Apple.

La clientèle existe sans doute pour ce genre d'objet, que j'aurais vu plus volontiers produit par Richard Mille, tant la clientèle potentielle pour ce genre de produit semble être celle d'happy-few fortunés, bien éloigné des traditionnels acheteurs De Béthune.
Donc un produit étonnant à tous point de vue, qui n'est pas sans rappeler un peu le téléphone d'Ulysse Nardin, pour le coté join-venture entre l'horlogerie traditionnelle et le hi-tech communiquant branchouille.

Pour illustrer au mieux, le poignet d'un Asiatique:

Philosophiquement, on pourrait considérer ça comme une voie d'exploration de la futurOphilie revendiqué par De Béthune, une tentative de penser l'objet horloger de demain, et finalement, c'est dans cet optique que je trouve de l'intérêt à l'objet, dans cette vision toujours expérimentale que De Béthune imprime à chacune de ses création.

Alors qu'avec une solide gamme, plus de brevets lourds (spiral-balancier-échappement) que dans quasiment toutes les grandes manufactures, 3 lignes de montres cohérentes et complètes (sport, classique, habillé aka "ovnis"), une belle et réelle manufacture, De Béthune, pourrait se permettre de réduire la vitesse et le rythme de ses sorties de montres, au contraire, le mouvement s'accélère.
S'accélère et de surcroît se diversifie au travers de la DBM. Un des objets les plus iconoclastes de la foire de Bâle.
Mais évidemment, celle qui à fait chavirer mon cœur, c'est la DB28T, une beauté totale, aussi parfaite qu'innacessible (180k€), aussi inoubliable qu'un amour de jeunesse.
Ils signent avec cette montre, la plus belle montre de Bâle 2011, à considérer, que dans une montre, l'on achète avant tout une esthétique, cela n'est pas le plus anodin des compliments.


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