[BaselWorld-GTE] Heritage Watch Manufactory.


L'improbable rencontre

Il y à des duo, qui coulent tellement de source, que l'on pense que les duettistes se sont rencontrés à la maternité.
Je pense à Renaud&Papi, Greubel&Forsey, Tic&Tac ou encore Nicolas Sarkozy et les talonnettes.

 

D'autres sont par contre à priori improbables, comme Zanetta&Flagollet, Ruchonnet&Coudray, étrangement, parfois les improbables, s'épanouissent tout aussi bien que les convenus.
Or dans les joint-venture improbable, celle-ci est une des plus étonnante qu'il m'est été donné de voir, au cadran, Eric Giroud (que l'on retrouve aussi sur la fabuleuse Opus Eleven présenté à Bâle), mais surtout au mouvement, Karsten Frassdörf, que l'on donnait pour noyé dans le naufrage de FDMN.

Pourtant, il est toujours là, il à même perfectionné son art depuis FDMN, et Giroud, réalise un de ses plus beau cadran.

HWM, fut incontestablement la grande surprise de la wonder week Genèvoise, durant un SIHH convenu, limite soporifique (heureusement, Panerai, VCA, Richard Milles et Vacheron ont rehaussé le niveau), un GTE médiocre, cette à fait l'effet d'une intolérable cruauté infligé à la frilosité de crise ambiante.

De même, alors que tout BaselWorld est tourné vers l'Asie, de manière plus ou moins avoué, Hall 6 Of Universe pour les fabricants/fournisseurs de l'Empire du Milieu, pour le devant de la scène, production en Chine en catimini pour les coulisses, montres cadran blanc/opalin de +/- 40mm sans avoir l'air d'y toucher, pour rafler des parts de marché dans le nouvel sinorado horloger.

Donc, alors que tout le monde y est ou voudrait y être, mais sans jamais l'avouer clairement, Heritage Watch Manufactory, tape très fort, en sortant une montre réellement dédié au marché Chinois, (une première?) non pas un quelconque grigri esthétique, mais avec une complication lourde dédié au paradigme horaire Chinois.
J'y reviens ultérieurement.

La «gamme» est aujourd'hui constitué de 3 montres.

La moins couteuse (25000€), la Magnus est de manière très fair-play, celle qui à reçu le plus beau traitement de cadran et le mouvement le plus esthétique. On devrait retrouver à terme ce fabuleux cadran sur l'ensemble de la gamme.

En tous cas dans livré ou l'on reconnaît le plus le trait de Giroud, la Magnus contemporaine, doté d'un balancier grande dimensions, d'un mouvement à la finition brutale et ultra-qualitative, à l'Allemande en somme. En détails:

Vous remarquerez les volumes incroyables des décorations du cadran, c'est du néo-classique des plus efficaces, Giroud à une maitrise parfaite des courbes, à certains égards, je retrouve les astuces esthétiques de l'Opus IX, tant dans les arrondis que dans l'équilibre des contrastes noir/blanc, les biseaux en fin de segment circulaires et les chiffres peints en relief, achève de me convaincre de la quasi perfection qualitative de ce génial cadran. D'ailleurs, c'est un prototype! La version finale inclura un biseau autour des chiffres en relief. 

Grand boulot de Giroud!

Là ou le bas blesse un peu, c'est le boitier en acier, tant le dessin, que les finitions sont justes banals, efficace, mais banal, après un tel festival sur le cadran, et une tel profondeur dans le mouvement (j'y viens tout de suite, bande de spéléologues en herbe), j'attendais un boitier à l'avenant, or ici, on retombe dans la rigueur Germanique.

J'aurais espéré par exemple, un traitement (rhodié?) comme sur cette KPM001:

http://www.kpmwatchcompany.com/_/Watch_001.html

Bref, c'est bien, mais un boitier à la Lange, voire à la Panerai (je rêve de voir un mouvement de Karsten dans une PAM), eut été parfait.

On est clairement sur un boitier de travail, avec des dimensions étonnamment contenus, 42mmn qui embarque un mouvement rentré au chausse-pied de 37mm, finalement, c'est très cohérent, dans la mesure ou la Centenus est totalement dédié au marché Chinois.

Mais le mouvement fait rapidement oublier mes peccadilles de boitier:

Pas moins de 3 brevets sont déposés sur le mouvement de cette montre, le système de réglage fin du balancier (Moser?), est optimisé, du à l'énergie qu'il faut pour propulser un tel géant 16mm, contre 13 pour un Unitas 6497 ou un P.3000. Vous pouvez par remarquez qu'il y à des «lamelles», tout autour du balancier, qui peuvent, via la visserie s'écarter ou se rétracter, ainsi la montre ne nécessite pas les services d'un maître horloger pour ses réglages chronométriques fin.

Pas moins de trois brevets existent pour le réglages fin de cette Magnus, disposés autour du bloc balancier.

Le mot qui vient à l'esprit, c'est profondeur, on plonge littéralement dans le mouvement, pourtant le mouvement ne fait «que» 6mm d'épaisseur (contre 4mm pour une Unitas et 8 pour un 7750), pour 38mm de diamètre!! Un des plus gros mouvement simple de montre bracelet de l'horlogerie Helvétique.

Ce qui conditionne cette profondeur, c'est la disposition très intelligente des 4 petits ponts sur 3 niveaux (idée qui avait déjà été exploité de manière presque similaire du temps de la FDMN), le balancier est hypnotique, et contribue de manière paradoxale à cette plongé dans les profondeurs du mouvement (sans doute est-ce due, inconsciemment à l'effet loupe, que l'on ressent face à ce gros balancier, dont la surface est d'environ 800mm² contre environ 500mm² pour un balancier d'Unitas).


 

Plus haut, je parlais de brutalité et d'élégance, on pourrait presque dire d'élégance, on est loin d'un mouvement de Lange&Soëhne décoré comme un sapin de Noël (même si j'adore ce style Saxon, c'est parfois comme un gros Strudel à la crème, un chouïa indigeste), ici pas de fioriture, pas d'utilisation abusive de décorations de platine, la platine sablé en or blanc je présume, les anglages discrets, le contraste avec les rouages en laitons, tout contribuent à l'ambiance virile et feutrée.

Il existe une variante blanche:

Mais surtour il existe la Centenus, dédié à l'affichage de l'heure traditionnelle Chinoise, dans leur système de décompte horaire traditionnel, les Chinois exprimaient autrefois le temps en Ké 刻, principe décimal bien avant la révolution Française, la journée était divisé en 100 Ké, représentants 14min24sec.
Cette indication des Ké 刻 se retrouve à 9heures sur le cadran, la grande aiguille indique les Ké (100), la petite les Fen (60), soit un Fen 分 durant environ 14 secondes.

D'autre part, le guichet à 12heures (certains en aurait profités pour faire 2 montres...), indique les Shi 时辰 , autres système horaire Chinois vaguement calqué sur l'heure Latine, à l'exception, que les heures comptent doubles, si bien qu'une journée dure 12heures, chaque «grosse heure» étant représenté par un idéogramme du calendrier zodiacal Chinois, donc divers animaux, le rat, le tigre, le cheval, etc...

La subtilité ne s'arrête pas là, ce guichet peut être réglé par une manipulation très simple de la couronne sur une autre fuseau horaire, ainsi un business man Chinois peut garder l'heure principal (lié à l'heure en Ké), comme heure locale, et l'heure en Shi pour afficher l'heure Shinoise (désolé, Michel Denisot sort de ce corps), enfin, la journée commence à 23h sur le décompte horaire en Shi.

Si vous avez tout compris, vous pouvez regarder l'illustration en photos.

La base mouvement de la HWM Centenus est le .800, ici renommé 888 (toute coïncidence avec le chiffre porte-bonheur Chinois serait purement fortuite), l'architecture des ponts est la même, mais la montre passe de de 33 à 48 rubis.

L'autre tour de force réalisé par HWM, c'est de sortir une montre haut de gamme, dédié au dandysme horloger.

Un dandysme plus viril que celui de Patek ou de Dufour, mais un dandysme réel, qui prend forme dans l'abstraction intellectuel nécessaire à pleine compréhension de la démarche de cette montre.

La Tensus est réservé à la chronométrie pure, elle diffère peu coté emboitage, mais diffère fortement coté mouvement, car elle inclue, 2 autres brevets.

 

Le cadran est plus subtil dans le design, par exemple, l'aternance de chiffres peints et appliqués, ainsi qu'un design, toujours signé Giroud, mettant en œuvre des cercles que l'on croirait en révolution entre eux.

En sus des innovations décrite dans la Magnus, la Tensus dépose 2 brevets supplémentaires:

Le premier brevet concerne le barillet, il est constitué de deux barillets superposés, habituellement, dans cette configuration classique, les barillets tournent dans le même sens, ici, il sont contrarotatif, à la manière des pales d'hélicoptères Soviétiques,( http://fr.wikipedia.org/wiki/Kamov_Ka-50 de certains Spitfires, ou de certains Ekranoplans).

Un barillet lorsqu'il se dévide, se déforme légérement. Comme les barillets de la Tempus se dévident en sens inverse, la déformation s'auto compense, permettant à une énergie plus stable d'arriver à l'échappement.

La seconde innovation, et la plus importante, concerne l'échappement, une double roue d'échappement superposé, également, reçoit l'énergie et la transmet par les 2 marteaux, le bloc d'échappement est régulé par un spiral de complication.

Toute la chaine d'énergie de la montre est tourné vers la chronométrie, avec les réglages fin de barillet, ceci est censé fournir une force constante, c'est une démarche horlogère profondément intellectualisante, qui s'inscrit dans un hommage véritable à la chronométrie classique.
Toujours du proto, sans anglages pour les 2 dernières photos:

Je vais dorénavant suivre avec attention cette nouvelle manufacture, qui surfe avec talent sur la tendance sinophile de ce début d'année 2011 en réalisant des 3-4 aiguilles simples, mais qui contrairement à d'autres, surfe avec brio et une grande culture horlogère.
Nina Friedman (communication) et Karsten Frassdörf:

Cette réussite horlogère, au delà du rôle fédérateur de Christian Gütermann, c'est un peu la réussite du net, avant internet, (avant MB&F également qui le fit connaître au public), Eric Giroud était inconnu, pareillement Karsten Frassdörf nous enchanta avec FDMN, aujourd'hui ces talents sont réunis pour nous faire découvrir la surprise horlogère de cet année 2011.


Comments

felicitations

Bravo à Heritage Watch Manufactory, qui pour moi est LA belle et bonne surprise de ce Baselworld.
Bravo à eric Giroud pour son "coup de patte" a la fois classique, moderne et subtil.
Bravo à la gentillesse de l'acceuil, même pour un inconnu que je suis.
Bravo à tous!

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