[BaselWorld] Nouveautés DeWitt 2011.


Marque peu présente dans les forums horlogers, car elle n’y remplissait pas les critères habituels aptes à créer le « buzz » auprès de cette audience, De Witt renverse méthodiquement la vapeur. Premièrement en renforçant la bien facture ainsi que l’identité propre des modèles et deuxièmement par une communication contemporaine intégrant l’échange avec les prospects ainsi que le suivi des clients.

Contrairement à certains concurrents du segment, les finitions sont irréprochables et les « séries limitées » réellement produites à peu d’unités : il est donc difficile d'attaquer De Witt sur le plan qualitatif. Quant au style général, en comparaison de celui très « mécanico-cyberpunk » de Richard Mille, il est plus iconoclaste, incluant des références architecturales Art Déco à une esthétique parfois baroque. Il serait risqué de vouloir définir l'univers de DeWitt par un concept unique, j'en veux pour preuve, l'indescriptible WX-1.

À relever la REGULATOR A.S.W. HORIZONS tourbillon "régulateur", "Automatic Sequential Winding" Twenty-8-Eight, dévoilée en 2010. L'usage du mot "régulateur", peut ici surprendre, mais il est utilisé en son sens premier. Certes nous sommes plus habitué à utiliser ce terme pour qualifier des montres à heures non coaxiales mais il devrait également s’appliquer pour la «force constante d'armage du barillet» garantissant une grande régularité de la force de l'échappement.

Le système de remontage automatique est prévu pour s'arrêter à 96% de la tension du ressort de barillet et de repartir à 92%, conditionnant ainsi, dans le cadre d'une utilisation active (le port prolongé le week-end pourrait faire baisser ce %) un couple optimum de barillet.

Il est très étonnant qu'aucun "grand" n'ait pensé à intervenir de telle façon sur l'arrêt/départ du rotor, afin d’optimiser les séquences de remontage automatique, en vue de fournir un couple de barillet stable, alors qu'en permanence, des travaux sont entrepris sur ces mêmes barillets afin d'optimiser leur couple. En tout cas, il s’agit d’une voie fascinante à explorer et allant dans le sens de la recherche de simplicité propre à tout idéal tant organique que technique. Régler la cause et non la conséquence dans un esprit de simplicité de conception similaire au père du calibre 30 mm d’Omega, Henri Kneuss.

L’imposant mouvement tourbillon 37mm sur 6 (presque une dimension de tourbillon rotatif) est cadencé comme en chronométrie classique, à 18000a/H. Avec de cette basse fréquence, le système d'optimisation du couple a d'autant plus de sens. En continuant dans le classicisme, une seconde morte vient coiffer le système de tourbillon. La montre de 46mm de diamètre est plutôt virile.

L'esthétique emprunte beaucoup à l'Art déco et semble sortie de dessins d’études des ornements du Chrysler Building et de l’Empire State Building:

Sur WatchO:  http://www.watchonista.com/index.php?page=watch&wid=10226

Pour la Twenty-8-Eight Tourbillon, si le tourbillon est toujours cadencé à 18000a/h avec une réserve de marche de 72h, le spiral Precision Engineering, laisse la place à un spiral Bréguet, la montre perd 3mm au niveau du boîtier et 4 au niveau du mouvement.

Sur WatchOnista: http://www.watchonista.com/index.php?page=watch&wid=11086

Ensuite, l'Academia Chronostream, ma favorite, une grande réussite en terme d'habillage avec son boîtier or rose & tantale, son cadran soleillé superbement réalisé, ses compteurs censés rappeler un compteur de voiture mais j’avoue y voir plus volontiers une esthétique Space-Opéra des 70's, façon Flash Gordon ou Star Wars. On a l'impression de voir un vaisseau sauter en hyper espace. Côté mouvement on est encore dans les 70's, avec un 7753 modifié.

Sur WatchO: http://www.watchonista.com/index.php?page=watch&wid=11994

Toujours dans la ligne ChronoStream, le QP Sport, malgré son air de famille et son très identifiable style De Witt, il diffère stylistiquement de la ChronoStream tendant vers un univers vers les univers d'ancipation développés dans the Sha (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sha_(bande_dessin%C3%A9e) ou dans Judge Dread. Pourtant, initialement, la montre fait référence à l'univers automobile mais l'empreinte esthétique de De Witt, la propulse dans des univers visuels plus vastes.Coté mécanique un mouvement classique, un 2892ETA incrémenté d'un module de Quantième Perpétuel réalisé par Agenhor et l'on quitte le classicisme pour tomber dans la SF.

Sur WatchO: http://www.watchonista.com/index.php?page=watch&wid=11734

Lien Agenhor:

http://blog.watchonista.com/blog/agenhor-search-consistency-part-12

Enfin, une ligne femme, la Golden Afternoon, ligne dont le storytelling, est inspiré de manière fort judicieuse, par l'œuvre photographique de Julia Margaret Cameron, photographe des Indes Britanniques, qui révolutionna la photographie de portrait moderne durant les années 1850. Œuvre photographique de portrait, brûlante d'actualité avec la généralisation des photos de profil à l’air des réseaux sociaux .

La montre s'inspire, dans ces déclinaisons, à la manière de l'égnime du Sphinx posé à Oedipe, des moments de la vie, ou elliptiquement, de la journée d'une femme, matin, midi et soir.

Bien que le Storytelling soit « béton », avec un vrai parti pris artistique, que la thématique de la déclinaison des montres soit réellement pensé, je trouve les montres un peu trop sages. En effet, ce que j'apprécie chez De Witt, c'est un certain radicalisme dans les esthétiques, une absence de concession, or sur cette ligne, j'aimerais voir des choix plus osés sur le plan esthétique . Métaphoriquement, en corrélation avec la vie d'une femme, il s’agit encore de l'adolescence de cette gamme mais sa maturité est déjà précoce. Avec une thématique aussi forte et d'actualité, gageons que les prochaines Goldens Afternoons seront plus en phase avec leur storytelling.

Le 28-92 ETA est embarqué dans un boîtier de 39mm avec un cadran nacre, motif floral, serti d'un nombre variable de brillants (suivant les déclinaisons). Les cornes quasi absentes lui permettent de passer sur n'importe quel poignet féminin (Nathalie Veysset est ici le WristModel), la montre fourmille de détails bien pensés, par exemple les superbes aiguilles feuilles (littéralement), ou les index Nombres (et non pas chiffre)...

Sur WatchOnista: http://www.watchonista.com/index.php?page=watch&wid=12138

En en matière de communication, relevons que la marque a mis en ligne son propre blog http://blog.dewitt.ch/blog allant ainsi dans le sens d’un format de diffusion dans l’air du temps ainsi que d’un Owners Club, réservé aux possesseurs. Cette architecture est renforcée par l’engagement d’une Community Manager, Florence Darnon afin de dynamiser l'existence de la marque Offline et Online.

Un contexte de reprise en main de la marque, de gros efforts ont été déployés afin d'intégrer et de verticaliser la fabrication et subséquemment, en simplifiant la logistique. Le Management et la stratégie de Nathalie Veysset, CEO depuis fin 2008, laquelle est issue du milieu bancaire, ne sont sans doute pas étrangers à cette gestion moderne. C'est également vrai dans les autres domaines, de la distribution à la communication print , avec notamment une excellente campagne papier, "Classical-Audacy", qui détourne des peintures classiques, campagne bien plus osée que la traditionnelle réclames horlogères.


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